Courtoisie Pierre Marie Danquigny

Histoire de PORTS

PORTS : Histoire de la commune

Le nom de Ports apparaît pour la première fois en 862, sous la forme « Portus », signifiant « port ou passage », dans les actes de Charles II le Chauve, en tant que fief dépendant de l’abbaye Saint-Martin de Tours.

Cette commune, qui comprend également le hameau Vieux-Ports et qui est généralement appelée Ports-sur-Vienne, est située sur la rive gauche de la Vienne, près du Bec-des-deux-eaux, confluent de cette rivière avec la Creuse (voir pages 301/302).

C’est à ce confluent qu’on découvrit par hasard, en 1946, une fosse parementée de dalles verticales et contenant une dizaine de débris de squelettes humains, accompagnés de poteries et d’armes en silex, datés de – 3 670 et de – 2 910. On pense que c’était la sépulture d’un camp fortifié se trouvant à Sauvage (voir Pussigny, page xx). L’important mobilier découvert dans cette fosse se trouve au musée préhistorique du Grand-Pressigny.

   

Deux domaines agricoles gallo-romains se trouvaient aussi sur cette commune : Avrigny, à cheval entre Ports et Marcilly, au bord d’une ancienne voie qui allait de Nouâtre à Saint-Jean-de-Sauves, au sud de Loudun (voir page 343) et Grisay, à cheval entre Ports et Pussigny, toponyme venant du gallo-romain Gresiacum ou « domaine de Gresius, où il y eut ensuite un moulin aménagé au 11ème siècle au bord de la Veude de Ponçay par les moines de l’abbaye de Noyers (voir Nouâtre, pages 297/298).

Pendant longtemps l’activité principale de Ports a été la fabrication de la chaux, dont le processus est connu depuis l’époque romaine ; Le calcaire était extrait dans de longues galeries creusées dans le coteau situé entre Marcilly et Ports puis enfourné en couches alternées avec du bois ou du charbon ; à l’intérieur des fours la température montait à plus de 800 degrés et la calcination pouvait durer de trois à cinq jours.

Après refroidissement la chaux était broyée en poudre et mise dans des sacs que des charrettes transportaient jusqu’au port, situé à Vieux-Ports ; les sacs étaient alors chargés sur des bateaux ou transférés par le bac situé entre Vieux-Ports et Noyers pour être amenés jusqu’à la gare SNCF de Port-de-Piles.

Les premiers fours furent construits au 18ème siècle et il y eut jusqu’à 10 fours entre Ports et Marcilly ; une grande usine avec 7 fours fut installée en 1868 en dessous du coteau, presque en face de l’abbaye de Noyers mais le 11 août 1880 l’écroulement de ce coteau détruisit complètement l’usine ; cette catastrophe, qui fit 25 morts et 8 blessés, entraîna la faillite de l’usine et, par contrecoup, celle du bac de Noyers.

En 1924 un barrage fut construit sur la Vienne, en aval du Bec-des-deux-eaux, au lieu-dit les Maisons Rouges, à cheval entre Ports et Nouâtre (voir Nouâtre, page 285).

Famille Gillier et Périon

1. Cette famille descend de Denis Gillier, maire de Poitiers en 1392, qui fut le père d’Étienne Gillier, procureur du roi en Saintonge, qui épousa Jeanne Andrault et qui fut le père de Françoise (morte en 1478), qui épousa en 1432 Jean Barbin (1406-1469), seigneur de Ports et de Verneuil-le-château ; elle hérita des biens de son mari et les légua à son neveu Pierre Gillier.

2. Pierre Gillier, seigneur de Ports, épousa Rose de La Haye et fut le père de Joachim Gillier (né en 1482), seigneur de Marmande, Faye-le-Vineuse et Ports, qui épousa en 1509 Isabeau du Bueil (voir page 163) et qui fut le père de Bonaventure (3).

3. Bonaventure Gillier (1514-1584), seigneur de Faye-la-Vineuse et de Ports, maître d’hôtel du roi, épousa en 1542 Marie Babou (née en 1524), fille de Philibert Babou, surintendant des finances de François 1er, et fut le père de René (4) et de Bonaventure II (5).

4. René Gillier, seigneur de Faye-la-Vineuse, épousa en 1582 Claude de Laval et fut le père d’Urbain (6) et de Jean Gillier (7).

5. Bonaventure II Gillier (né en 1584), seigneur de Ports, épousa Renée de la Rochefoucauld et fut le père de Claude Gillier (morte en 1647 et enterrée dans l’église de Ports), dame de Ports, qui épousa en 1618 Philippe de Périon (mort en 1655), qui devint seigneur de Ports et qui fut le père de Louis de Périon (8).

6. Urbain Gillier (1585-1631), seigneur de Faye-la-Vineuse, gouverneur de Poitiers, épousa en 1613 Marie Chabot de Saint-Gelais et fut le père d’Angélique Gillier (morte en 1686), qui épousa son cousin Louis de Périon.

7. Jean Gillier vendit la seigneurie de Faye à Richelieu en 1626 et fut le père de Marie Louise Gillier, qui épousa en 1664, Louis de Bernabé, gouverneur du Poitou (voir page 229/230).

8. Louis de Périon (1617-1682), seigneur de Ports, épousa en 1641 sa cousine Angélique Gillier (voir 6) et fut le père de Marie de Périon, qui épousa en 1679 Jacques de Gréaulme, et de Jean Périon, seigneur de Ports, qui épousa Michelle Chabot ; leur fille Marie Anne de Périon épousa en 1717 François Arnault, écuyer et garde du corps du roi. La famille de Périon s’était ruinée progressivement : en 1697 Jean de Périon dut vendre à Jacques de Gréaulme son fief de la Motte de Groin et le château de Ports, en très mauvais état, fut saisi en 1708.